Derrière les paysages d’aujourd’hui, Pévèle Carembault conserve de nombreuses traces de son passé médiéval. Villages, églises, anciennes fortifications, terres agricoles ou chemins anciens racontent l’histoire d’un territoire longtemps stratégique, façonné par les hommes, la nature et les pouvoirs du Moyen Âge.

 

Explorer ce patrimoine, c’est comprendre comment cette région s’est construite au fil des siècles, entre influences flamandes et royaume de France, vie rurale et affrontements militaires.

Trois entités, un territoire convoité

Située entre la Flandre et le Hainaut, Pévèle Carembault fut dès le Haut Moyen Âge un espace de passage et d’échanges, mais aussi un territoire convoité. Forêts profondes, comme celle de Phalempin, zones humides et terres agricoles structuraient le paysage. Ces forêts servaient à la fois de ressources, de terrains de chasse, de refuges… et parfois de cachettes.

Le territoire se compose alors de trois entités historiques : la Pévèle, le Carembault et le Mélantois.

La Pévèle
Ancienne région boisée formée de buttes sablo-limoneuses, elle culmine à Mons-en-Pévèle. Cette topographie explique l’implantation de mottes castrales. La Pévèle est un pagus (district rural) issu du territoire des Ménapiens (tribu celte) et forme une zone frontalière entre la Flandre et le Tournaisis. Bien qu’appartenant au comté de Flandre, sa population parlait majoritairement picard.

Le Mélantois
Au nord-est, le Mélantois se caractérise par une vaste plaine fertile de lœss, favorable aux cultures depuis l’Antiquité. Dès le VIIᵉ siècle, ce territoire est mentionné dans la vie de saint Éloi et intégré à la châtellenie de Lille.

Le Carembault
Au sud-ouest, le Carembault présente des sols argileux et des zones tourbeuses, autrefois couvertes de forêts marécageuses. Mentionné dès 673 sous le nom Carembaultus ager, il regroupe plusieurs villages autour de Phalempin et constitue un passage naturel entre Lille et Arras.

Paysans et féodalité : la vie quotidienne au Moyen Âge

La société médiévale repose sur le système féodal. Le roi distribue des terres ou fiefs, à des seigneurs en échange de leur fidélité et de leur soutien militaire. Ces seigneurs peuvent eux-mêmes avoir des vassaux, formant un réseau de pouvoirs.

À la base de cette société, les paysans. Leur quotidien est rythmé par les saisons, les travaux agricoles, les corvées et les obligations seigneuriales. Ils cultivent les céréales, élèvent le bétail, entretiennent les haies et drainent les marais.

De nombreuses terres sont organisées en censes, grandes exploitations agricoles gérées par un censier. Ces censes, ancêtres de certaines grandes fermes actuelles, structurent encore le paysage rural de la Pévèle-Carembault.

La diversité des sols permet une agriculture variée :

  • Céréales sur les terres plus légères de la Pévèle et du Mélantois,
  • Élevage, prairies, lin et chanvre dans le Carembault plus humide.

Moulins à vent et à eau jouent un rôle essentiel, tout comme les vergers, jardins et cultures de plantes médicinales.

Châteaux, mottes et maisons-fortes

Le territoire médiéval s’organise autour de fortifications. Les comtes de Flandre développent des mottes féodales, composées d’une butte entourée de fossés, surmontée d’une tour ou d’une palissade en bois.

À partir du XIIIᵉ siècle, avec l’expansion agricole, apparaissent les maisons-fortes : fermes seigneuriales fortifiées, dotées de fossés, palissades, colombiers et portails imposants.
À Bouvignies, les vestiges d’un ancien château fortifié installé sur une motte illustrent parfaitement le rôle de ces fortifications rurales dans le contrôle et la défense du territoire.

Orchies, une cité fortifiée

En 1283, Marguerite de Flandre accorde à Orchies une charte de franchises. Le commerce et l’artisanat se développent, et la ville se dote de remparts percés de portes.
Si la majorité de ces fortifications a disparu, leur tracé reste lisible dans l’organisation des rues et certains murs anciens. La Tour du Diable, vestige d’une tour de défense, rappelle encore aujourd’hui le rôle stratégique d’Orchies au Moyen Âge.

Abbayes et monastères : des acteurs majeurs du territoire

Au Moyen Âge, l’église construite en pierre ou en bois selon les moyens est le cœur du village. Si beaucoup ont été remaniées, plusieurs conservent des vestiges médiévaux, romans ou gothiques :

  • Saint-Nicolas de Bersée : clocher roman du XIIᵉ siècle
  • Saint-Christophe de Phalempin : bases romanes visibles
  • Saint-Martin de Templeuve-en-Pévèle : éléments gothiques conservés dans les premières travées de la nef
  • Saint-Quentin d’Ennevelin : architecture gothique primitive
  • Saint-Vaast de Landas : vestiges médiévaux dans le chœur
  • Saint-Amand de Mérignies : éléments gothiques dans la nef et le chevet

Un territoire marqué par les batailles

Le territoire est marqué par plusieurs affrontements majeurs qui s’inscrivent dans l’affirmation progressive de l’autorité du roi de France face à des puissances féodales, parmi lesquelles figure le comte de Flandre et ses alliés.

La bataille de Bouvines (27 juillet 1214)

Sur la plaine entre Bouvines et Cysoing, Philippe Auguste affronte une coalition menée par l’empereur Otton IV et Ferrand de Portugal, comte de Flandre. Cette victoire française marque durablement l’histoire du royaume.

La bataille de Mons-en-Pévèle (18 août 1304)

Philippe IV le Bel affronte les milices flamandes. La victoire française, acquise difficilement, met fin aux velléités d’indépendance flamandes. Un monument commémoratif et un sentier de randonnée permettent aujourd’hui de redécouvrir les lieux.

Le Moyen Âge à portée de pas : activités et découvertes

Explorer la Pévèle-Carembault, c’est marcher sur les traces des chevaliers, des moines et des paysans qui ont façonné ce territoire. Randonnées historiques, moulins, jeux de piste et événements permettent de découvrir ce patrimoine autrement.

Activités à ne pas manquer

  •  Fête Médiévale de Mons-en-Pévèle : dimanche 7 juin 2026
  •  Sac Aventure-Jeu "Le mystère de la Pierre aux étendards" à Mons-en-Pévèle
  • Chasses Totemus « Terre d’Abbaye » à Cysoing, « Cité de la Chicorée » à Orchies
  •  Visite du Moulin de Vertain avec l'association des Amis du Moulin

 

Vous aimerez aussi...

Nos autres sites